prêt


prêt

1. prêt, prête [ prɛ, prɛt ] adj.
prest 1050; lat. pop. præstus, class. præsto, adv. « à portée de main »
1Qui est en état, est rendu capable, grâce à une préparation matérielle ( préparé) ou morale ( décidé, disposé).
♢ PRÊT À : préparé pour. Prêt à partir. Disposé à, susceptible de. Il est prêt à toutes les compromissions. Prêt à tout : disposé à n'importe quel acte pour arriver à ses fins, ou décidé à tout supporter. « Je suis prête à le suivre et lasse de l'attendre » (P. Corneille). Tenez-vous prêts à agir quand le moment sera venu.
♢ PRÊT POUR. Prêt pour l'action, pour faire qqch.
Absolt Il est prêt, fin prêt. « Toujours prêt ! » devise scoute. « À vos marques. Prêts ? Partez ! » (formule de départ des courses à pied). « Je fus le seul qui fut prêt au terme prescrit » (Rousseau). « Les troupes de couverture sont tenues prêtes » (Martin du Gard).
Spécialt Habillé, paré (pour sortir, paraître en société). Tu n'es pas encore prête ? « Anne, toujours prêt le premier, recevait une visite » (Radiguet).
2(Choses) Mis dans l'état convenable (pour qqch., pour faire qqch.). Canons prêts à tirer. Tout est prêt pour... Absolt La cérémonie est prête.
Spécialt Préparé. Le café, le déjeuner, le dîner est prêt.
Prêt-à-(et inf., sur le modèle de prêt-à-porter, sert à former des adj. et n.). Le prêt-à-manger (équivalent proposé pour fast-food). Le prêt-à-peindre. Le prêt-à-monter (recomm. offic. pour kit). Des prêts-à-monter. « les platitudes du prêt-à-penser médiatique » (Le Monde, 1999). Aliments prêts à consommer, à être consommés.
3Vieilli ou littér. Qui est sur le point de. près. « Regarde quel orage est tout prêt à tomber » (Racine). « Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie » (Lamartine). Vx « Je suis prêt de mourir » (Maupassant).
⊗ HOM. Près. prêt 2. prêt [ prɛ ] n. m.
prest 1175 ; de prêter
1Action de prêter qqch. Le studieux vieillard « vivait des petits profits que lui rapportait le prêt de ses volumes » (Renan). Dr. Contrat par lequel une chose est livrée à charge de restitution. Prêt de consommation : prêt d'une chose consomptible (dont l'équivalent devra être restitué). Prêt à usage, d'une chose qui doit être restituée. ⇒ commodat. Cour. Contrat par lequel une somme d'argent est mise à la disposition d'une personne morale ou physique (l'emprunteur), à charge pour elle de la rembourser selon des modalités déterminées. avance, crédit; 2. découvert. Faire un prêt à qqn. Prêt usuraire. « Cette usure de ruisseau nommée le prêt à la petite semaine » (Balzac). Demander un prêt ( emprunt) . Capital et intérêt d'un prêt. Remboursement d'un prêt à échéance. Prêt à court, moyen, long terme. Prêt bancaire. Prêt sur gage, sur garantie. Prêt hypothécaire. Prêt-relais. Prêt épargne-logement. Prêt conventionné, prêt aidé pour l'accession à la propriété (P. A. P.). Prêt à la construction. Prêt en eurodevises. eurocrédit.
2(1330) Somme allouée par l'État pour la subsistance et l'entretien d'un soldat, d'un sous-officier. Toucher le prêt. Prêt franc, versé dans son intégralité. — Avance sur salaire.

prêt nom masculin (de prêter) Action de prêter, de confier quelque chose à quelqu'un qui doit le rendre ensuite : Ce n'est pas un cadeau, c'est un prêt. Opération par laquelle des fonds sont remis à un bénéficiaire, moyennant le paiement d'un intérêt versé au prêteur, assorti de l'engagement de remboursement de la somme prêtée. Objet ou somme prêtés : Rembourser un prêt. Contrat par lequel quelqu'un (le prêteur) livre une chose à quelqu'un d'autre (l'emprunteur), afin qu'il s'en serve, mais à charge de la restituer, après un temps déterminé. Prestation en argent à laquelle ont droit les hommes de troupe accomplissant leur service. ● prêt (expressions) nom masculin (de prêter) De prêt, se dit d'organismes qui prêtent quelque chose à quelqu'un : Bibliothèque de prêt. Prêt d'honneur, prêt gratuit consenti à quelqu'un qui s'engage à le rembourser quand il en aura les moyens. ● prêt (homonymes) nom masculin (de prêter) pré nom masculin près adverbe prêt adjectifprêt (synonymes) nom masculin (de prêter) Objet ou somme prêtés
Synonymes :
- crédit
prêt, prête adjectif (bas latin praestus, du latin classique praesto, sous la main) Qui est préparé, disponible, dans les conditions requises pour telle chose : Le malade est prêt pour l'opération. Qui a terminé de se préparer, qui est en état pour sortir, recevoir : Il est toujours prêt le premier le matin. Qui, ayant subi toutes les opérations nécessaires, est disponible pour telle utilisation : Ma robe sera prête lundi. Qui est disposé à telle action : Un homme prêt à toutes les compromissions. Qui est dans l'état satisfaisant pour se prêter à telle action : Les blés sont prêts à être moissonnés. Se dit d'un produit, d'un objet qui est vendu sous une forme déjà élaborée ne nécessitant plus que l'opération finale : Poulet prêt à cuire.prêt, prête (citations) adjectif (bas latin praestus, du latin classique praesto, sous la main) Edmond Lebœuf Paris 1809-Moncel-en-Trun, Orne, 1888 Nous sommes archiprêts ; il ne manque pas un bouton de guêtre. Commentaire Affirmation attribuée au maréchal Lebœuf, ministre de la Guerre, au moment où se déclarait la guerre de 1870. William Shakespeare Stratford on Avon, Warwickshire, 1564-Stratford on Avon, Warwickshire, 1616 Les hommes doivent souffrir leur départ comme leur venue ici-bas ; le tout est d'être prêt. Men must endure Their going hence, even as their coming hither : Ripeness is all. Le Roi Lear, V, 2, Edgar prêt, prête (difficultés) adjectif (bas latin praestus, du latin classique praesto, sous la main) Orthographe Elles sont fin prêtes. → fin. Emploi Prêt à / près de. → prèsprêt, prête (expressions) adjectif (bas latin praestus, du latin classique praesto, sous la main) Prêt à tout, qui s'attend à tout, ou qui est capable de commettre n'importe quoi pour parvenir à ses fins. ● prêt, prête (homonymes) adjectif (bas latin praestus, du latin classique praesto, sous la main) pré nom masculin près adverbe prêt nom masculinprêt, prête (synonymes) adjectif (bas latin praestus, du latin classique praesto, sous la main) Qui est disposé à telle action
Synonymes :
- décidé
- déterminé
- résolu

prêt, prête
adj. Disposé, préparé. Prêt au départ. Le dîner est prêt.
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prêt
n. m.
d1./d Action de prêter.
|| DR et cour. Contrat par lequel une chose est prêtée. Un prêt à long terme.
Prêt-relais: prêt à court terme accordé dans l'attente d'un crédit à plus long terme.
d2./d Chose prêtée. Rembourser un prêt.

I.
⇒PRÊT1, subst. masc.
A. —Action de prêter quelque chose; ce qui est prêté. Anton. emprunt. On m'a montré un exemplaire de Fort comme la mort, qui avait servi de buvard (...). Une ligne d'écriture y restait empreinte à l'envers (...). Le prêt des livres ne laisse pas d'être périlleux (A. FRANCE, Vie littér., 1891, p.260). Des métayers aux petits propriétaires paysans, il y a le même échange de services. Et il n'y a pas seulement prêt mutuel du travail des bras, il y a prêt du bétail (JAURÈS, Ét. soc., 1901, p.15). Modigliani se leva pour aller négocier avec le patron du bateau-lavoir le prêt d'un peloton de ficelle (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p.200).
Absolument
♦Prêt d'argent. Le sergent lui tendit alors quatorze sous, reliquat de je ne sais quel prêt, et que ce pauvre Miomandre empocha (LÉAUTAUD, Journal littér., 3, 1917, p.241).
♦Prêt de livres, de disques. Bibliothèque, discothèque de prêt; prêt interbibliothèques. D'une façon générale le prêt à domicile a plus de succès que la lecture sur place (Civilis. écr., 1939, p.48-14).
DR. ÉCON. Contrat par lequel l'une des parties, le prêteur, met à la disposition de l'autre, l'emprunteur, une chose pour son usage, à charge de la restituer au terme convenu, le plus souvent assorti d'une garantie et donnant lieu au versement d'un intérêt en cas de prêt d'argent; somme prêtée. Des prêts d'équipement peuvent être consentis aux établissements thermaux sur les crédits mis à la disposition des industries touristiques (JOCARD, Tour. et action État, 1966, p.159). L'Église, d'ailleurs, à de nombreuses reprises jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, a condamné, sinon exactement la notion de crédit, du moins le principe de l'intérêt et le prêt à usure (LESOURD, GÉRARD, Hist. écon., 1968, p.66):
♦ Il y a deux sortes de prêt: celui des choses dont on peut user sans les détruire, et celui des choses qui se consomment par l'usage qu'on en fait. La première espèce s'appelle prêt à usage, ou commodat; la deuxième s'appelle prêt de consommation, ou simplement prêt.
Code civil, 1804, art. 1874, p.340.
SYNT. Prêt gratuit, à intérêt, usuraire; taux (d'intérêt) d'un prêt; prêt à court, à moyen, à long terme, au jour le jour, à la petite semaine; prêt sur gage(s), sur hypothèque, sur marchandises, sur nantissement, sur titres, hypothécaire; prêt d'une banque, d'un établissement de crédit, d'État, bancaire, public, privé; prêt sur fonds publics, sur plan d'épargne; prêt à un particulier, aux jeunes mariés, à l'artisanat, aux collectivités locales, à l'hôtellerie, à l'industrie, à un État; prêt personnel; prêt à l'amélioration de l'habitat, à la construction, pour l'accession à la propriété (sigle P.A.P.), pour le développement économique; prêt immobilier conventionné (sigle P.I.C.); accorder, consentir, refuser un prêt; demander, obtenir, rembourser un prêt; bénéficier d'un prêt; garantir un prêt (par une hypothèque, un nantissement...); caisse, comptoir, établissement, maison de prêts.
Prêt à la grosse (aventure). V. aventure B 1 b.
Prêt d'honneur. Prêt gratuit, accordé aux étudiants pour leur permettre de poursuivre leurs études, qui doit être remboursé dans un délai de dix ans après l'obtention du diplôme pour lequel il est alloué (d'apr. Éduc. 1979). V. rembourser A 1 a ex. de Phillon.
En compos., HIST. Prêt-bail. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, fournitures de matériel militaire et autres approvisionnements aux Alliés par les États-Unis. La politique américaine dite de «prêt-bail», grâce à laquelle les pays alliés des États-Unis ont pu recevoir au cours de la deuxième guerre mondiale des prestations à titre gratuit à condition de fournir en contrepartie —également à titre gratuit mais pour un montant nécessairement beaucoup plus faible —des prestations aux forces américaines séjournant sur leur territoire (Univers écon. et soc., 1960, p.40-6).
Au fig. Nous oublions que tout ce que nous pensons, toutes les idées et tous les sentiments que nous nous flattons d'avoir, nous viennent d'elle [notre mère la terre], ne sont que de petits prêts qu'elle nous fait (MAETERL., Gde féerie, 1929, p.214). Le génie n'est qu'un prêt: il faut le mériter par de grandes souffrances, par des épreuves modestement, fermement traversées; on finit par entendre des voix et l'on écrit sous la dictée (SARTRE, Mots, 1964, p.49).
♦Attribution d'une certaine qualité, d'un certain caractère. Quand l'appartenance au milieu prédomine sur la maîtrise du milieu, l'impersonnalité s'installe dans les attitudes psychiques. Ce n'est plus le monde des choses qui reçoit de l'homme un prêt d'humanité, c'est l'homme qui subit une diminution d'humanité du fait d'un milieu (MOUNIER, Traité caract., 1946, p.79).
B.ARM. ,,Somme allouée par l'État pour l'entretien du soldat, dont une partie est employée d'office dans ce but, par l'administration du corps dont il fait partie`` (CAP. 1936). C'est dans l'une de ces campagnes de Flandre où le pain manquait et où le prêt ne venait guère (...) que, pour dissiper une mutinerie commencée, il eut l'idée de faire battre la générale (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t.6, 1863, p.217). L'soldat dépense plus qu'n'gagne, y a pas d'erreur. Je m'demande c'que d'viendrait celui qui n'aurait que son prêt (BARBUSSE, Feu, 1916, p.194).
Demi-prêt. V. enfant C 1 ex. de Vigny.
Prêt franc. Paie du soldat versée à celui-ci sans retenue quand il pourvoit lui-même à sa subsistance. L'autorisation de déroger à cette obligation [l'ordinaire] peut être accordée par le chef de Corps: —aux chefs de famille vivant avec leur famille —aux militaires dont la santé ne leur permet pas de suivre le régime de l'ordinaire. Les militaires perçoivent alors leurs prestations pour se nourrir individuellement. On dit qu'ils sont au «prêt franc» (LUBRANO-LAVADERA, Législ. et admin. milit., 1954, p.209).
P. anal., vieilli. ,,Avance faite par le patron à l'ouvrier sur le salaire de la journée`` (CHABAT t.2 1876). Gervaise aperçut quatre ou cinq femmes qui montaient la garde comme elle, à la porte du maître zingueur; encore des malheureuses, bien sûr, des épouses guettant la paie (...). Enfin, un ouvrier parut, puis deux, puis trois; mais ceux-là, sans doute, étaient de bons zigs, qui rapportaient fidèlement leur prêt (ZOLA, Assommoir, 1877, p.761).
Prononc. et Orth.:[]. Homon. près. Ac. 1694, 1718: prest; dep. 1740: prêt. Étymol. et Hist.1. Ca 1165 prest «action de prêter» (BENOÎT DE STE-MAURE, Troie, 15119 ds T.-L.); 2. 1176-81 a prest on a don «chose ou somme d'argent prêtée» (CHRÉTIEN DE TROYES, Chevalier Charrette, éd. M. Roques, 286); 3. 1671 «contrat par lequel une chose est livrée à charge de restitution» et prêt à intérêt (POMEY); 1832 prêt à usage, prêt de consommation (RAYMOND); 1835 maison de prêt (Ac.); 1875 prêt d'honneur (Lar. 19e); 4. a) 1360-70 «solde des troupes» (Baudouin de Sebourg, VI, 544 ds T.-L.); 1904 prêt franc (Nouv. Lar. ill.); b) 1872 «avance sur un salaire» (POULOT, Sublime, p.69). Déverbal de prêter. Fréq. abs. littér.:240. Fréq. rel. littér.:XIXes.: a) 333, b) 333; XXes.: a) 318, b) 365.
II.
⇒PRÊT2, PRÊTE, adj.
A. —Qui est en état.
1. [Qualifie une pers.]
a) Qui est préparé matériellement ou moralement, intellectuellement (à faire quelque chose). Synon. décidé, disposé, mûr, paré, préparé.
Prêt à. Être, se tenir, se trouver prêt à
♦Prêt à + inf. Je ne suis pas prêt à partir. Il me semble que si j'avais à faire mes paquets aujourd'hui, je serais triste à l'idée de tout ce que je laisserais en plan (GREEN, Journal, 1941, p.99). Il sort un tube de son gousset et avale plusieurs tablettes [d'un stimulant] (...). Dans une heure, dit Marat, je serai prêt à participer à la bataille (VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p.165):
1. Son but était d'abréger mes années de collège en me préparant le plus vite possible aux hautes classes. Quatre années se passèrent de la sorte, au bout desquelles il me jugea prêt à me présenter en seconde.
FROMENTIN, Dominique, 1863, p.55.
♦Prêt à + subst.
[évoquant une action] Prêt à l'attaque, à la lutte, à la guerre, au départ. Les cordages, les mâts, les bois sont réparés; Et les Troyens choisis, prêts à ce grand voyage, S'ils n'ont pour eux le nombre, ont pour eux le courage (DELILLE, Énéide, 1804, p.179). Quinze jours de prison pour outrages à la Sainte Magistrature... Mais je me trompe... à la morale, et me voilà Tout prêt à la rature (VERLAINE, OEuvres compl., t.3, Invect., 1896, p.381). V. baïonnette ex. 2.
[évoquant une situation] Prêt à toutes les éventualités. Cyrus Smith, Gédéon Spilett, Harbert, l'épieu dressé, se tinrent prêts à tout événement (VERNE, Île myst., 1874, p.165). Oui, les plus simples besognes la rebutent, mais elle est prête au pire, c'est ce qu'il faut, elle fera face au pire (BERNANOS, M. Ouine, 1943, p.1426).
Prêt pour
♦Prêt pour + inf. Je ne me trouve jamais assez prêt pour agir, parler, ou écrire (MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p.195).
♦Prêt pour + subst. Être prêt pour une entrevue, une visite. Votre ministre Narbonne, qui disait à l'Assemblée, en revenant d'inspecter nos forteresses, que nous étions prêts pour la guerre, est le dernier des scélérats (ERCKM.-CHATR., Hist. paysan, t.2, 1870, p.4). Cette image imprévue d'elle-même: une femme précise, dégagée, comme prête pour un départ matinal (CHARDONNE, Dest. sent., III, 1936, p.85).
Prêt de + inf. (vieilli). Mais je saurai veiller jusqu'au bout sur ton sort, Toujours prêt d'écarter de toi la triste mort (MORÉAS, Iphigénie à Aulis, 1903, p.254).
Absol. (Fin) prêt. Ils tiennent pour un mérite le fait que nous n'étions pas prêts. Cela prouve bien que nous ne cherchions pas la guerre (BARRÈS, Cahiers, t.11, 1915, p.131). [Le général:] Nous travaillons à force et, d'ici un mois, nous serons fin prêts (...) n'est-ce pas commandant? (L. DAUDET, Ciel de feu, 1934, p.44). [Devise scoute] Toujours prêt.
SPORTS. [Dans le commandement d'un départ de courses] V. partir2. Le départ a une importance capitale dans les courses de vitesse. Il se prend à genoux aux commandements suivants: «À vos marques!», «prêts!», puis coup de pistolet (R. VUILLEMIN, Éduc. phys., 1941, p.129).
En partic. Qui est habillé, paré pour sortir. Où est ta soeur et sa mademoiselle? —Pas prêtes encore; la robe d'Aimée s'attache sous le bras, tu penses! C'est mademoiselle qui la lui agrafe (COLETTE, Cl. école, 1900, p.286). Jaume est fin prêt. Tout rasé, un foulard de coton blanc noué lâche découvre sa pomme d'Adam rousse et pointue (GIONO, Colline, 1929, p.194).
b) Qui est disposé, enclin (à faire, à subir quelque chose).
Prêt à. S'affirmer, se déclarer, se montrer, se sentir prêt à
♦Prêt à + inf. Être (tout) prêt à accorder qqc., à s'accuser, à donner un coup de main, à pardonner, à répondre, à rendre service. Dis-lui bien que, si elle s'ennuie trop et désire que je revienne, je suis tout prêt à faire mon paquet et à m'en retourner à Croisset (FLAUB., Corresp., 1863, p.332). Tous les hommes sont prêts à mourir pour ce qu'ils aiment (S. WEIL, Pesanteur, 1943, p.66).
♦Prêt à + subst. Être prêt au crime, au dévouement, à la trahison, à toutes les abnégations, à tous les sacrifices. Pour éviter un acte de rigueur, je suis prêt à toutes les concessions (SARDOU, Rabagas, 1872, IV, 6, p.180). Le commandement [se] (...) déclarait navré d'avoir à rappeler certains officiers au respect de leur grade et de leur qualité de Français. Il s'affirmait prêt aux sanctions nécessaires (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p.91).
Prêt à tout. Disposé à tout faire pour arriver à ses fins; sans scrupules. Homme de grand mérite, énergique, prompt et prêt à tout, plein d'idées, (...) résolu dans l'action, ne comptant ni peines, ni fatigues, ni dangers (VERNE, Île myst., 1874, p.11). Cette réputation de conspirateur redoutable (...) de patriote prêt à tout (...) avait séduit l'imagination (...) de Pierre Roland (MAUPASS., Pierre et Jean, 1888, p.314).
Empl. subst. Il y avait les titis, les gouailleurs, les geignards, les râleurs, les trouillards (...), les prêts-à-tout, les timorés, les furieux (VIALAR, Dansons, 1950, p.23).
Prêt de + inf. (vieilli). Oh, le curé... aussitôt que les gens se couchent d'un rhume, il est toujours prêt d'y courir (AYMÉ, Jument, 1933, p.87).
2. [Qualifie une chose ou parfois un animal] Qui est en état de servir, d'être utilisé sans modification, sans délai, dont la préparation est achevée. Synon. apprêté, paré, préparé, à point pour. Tenir qqc. prêt.
a) Prêt à
) Prêt à + inf.
[Le subst. qualifié désigne le suj. de l'inf.] J'espérais si bien te rencontrer, que tu as un appartement tout prêt à te recevoir (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p.413). Toutes [les barques] étaient là, sur la dune, prêtes à reprendre la mer dès le premier calme (QUEFFÉLEC, Recteur, 1944, p.130). V. inattendu ex. 2.
Avec inf. passif. Les beignets furent, après quelques essais, prêts à être livrés ponctuellement juteux, dorés et sucrés à ravir (CÉLINE, Voyage, 1932, p.64).
Loc. subst. [P. ell. du déterminé] Abandonnez-vous aux plaisirs jardiniers du prêt-à-pousser. Tout commence en petits pots en plastique ensemencés, que l'on perce à la base, que l'on immerge, que l'on découvre peu à peu (Le Point, 8 mai 1978, p.51, col. 4). La sécurité d'un vrai «prêt-à-éteindre» [un extincteur] (GILB. 1980).
[Le subst. qualifié désigne l'obj. de l'inf.] Synon. à point pour. Vin prêt à boire, fruit prêt à cueillir. L'herbe haute, prête à faucher (COURIER, Pamphlets pol., Gazette vill., 1823, p.187). Il eut plus de huit jours un cheval toujours sellé et prêt à monter pour aller se battre contre celui dont il croyait avoir été offensé (CHATEAUBR., Rancé, 1844, p.156).
Loc. adj. Vêtement prêt-à-porter; maison prête à habiter; logement prêt-à-décorer. Depuis longtemps déjà, le papier peint est vendu «prêt à poser», sans marge à couper, ni colle à préparer (Habitat magazine, mars 1985, p.89, col. 1). Au fig. C'est quand même dommage qu'on n'ait pas fait du sur mesures pour une telle voix, se dit-on, qu'on se soit contenté de chansons prêtes-à-porter (Télérama, 9 mars 1983, p.21).
Loc. subst. [P. ell. du déterminé]
Prêt-à-jeter. Une mentalité du «prêt-à-jeter» est maintenant largement répandue: les rasoirs et les briquets à jeter, les lampes de poche non rechargeables en sont des expressions concrètes (Le Monde, 28 oct. 1977, ibid.).
Prêt-à-manger. ,,Produit de restauration rapide (petits pains en tranches et garnis d'ingrédients divers, brioches, croissants, crêpes, etc.); p.ext., lieu où sont distribués ces produits`` (J.O., 3 avril. 1982, p.3275). J'ai erré, l'estomac noué, dans une exposition inodore de boîtes de conserve et de cartons congelés [le Salon international de l'Alimentation]. Au royaume du tout emballé, vite réchauffé, sitôt consommé (...). J'étais au salon du «prêt-à-manger» (Le Nouvel Observateur, 4 févr. 1978, p.102, col. 1).
Prêt à monter. ,,Ensemble de pièces détachées constitutives d'un objet, accompagnées d'un plan de montage`` (J.O., loc. cit.). Synon. kit.
Prêt à planter. Les Français se sont mis à consommer massivement la plante verte (...). Du sur mesure chez les grands de l'arbre en pot, et du prêt à planter dans les magasins à libre service (Le Nouvel Observateur, 31 mai 1976, p.56, col. 3).
Prêt(-)à(-)porter.V. ce mot.
Prêt-à-poser. Les tout récents vêtements muraux de L., le «prêt-à-poser» des papiers peints (Elle, 15 févr. 1971 ds GILB. 1980).
[Le subst. qualifié désigne le compl. circ. (de lieu, de moyen) de l'inf.]
Loc. adj. Votre appartement toujours «prêt à vivre» à votre arrivée: chauffage électrique Intégré d'ambiance et d'appoint, moquette douce, tissus muraux sur molleton (L'Express, 16 févr. 1976, p.6, col. 1). Des patrons prêts-à-créer, d'une grande facilité d'exécution, pour une toilette de rêve (La Vie du Rail, 1er avr. 1973 ds GILB. 1980).
Loc. subst. Un ensemble de prêt-à-dormir comprenant un jeu de draps et une couverture matelassée réunis par des fermetures à glissière (L'Action automobile et touristique, mai 1970, ds GILB. 1980). Un «prêt-à-vivre» inouï Salles de bains raffinées, luxueuses moquettes et marbres au sol, textile mural, cheminée de style et un tout nouveau système d'aspiration intégré (Le Point, 31 oct. 1977, p.187, col. 3). Voici revenu le temps des grandes décisions concernant les prochaines vacances. Que choisir? Les formules se sont multipliées, avec plus ou moins de bonheur, mais le prêt-à-partir au meilleur prix néglige trop souvent la justement fameuse qualité de vie (Le Nouvel Observateur, 9 mars 1981, p.83).
Rem. Ces loc. adj. et subst. sont constr. sur le modèle de prêt(-) à(-)porter.
) Prêt à + subst. Un boxeur au combat, le regard rivé à l'adversaire, le cerveau tendu, tous les muscles prêts à la parade (MARTIN DU G., Thib., Mort père, 1929, p.1289). L'une de ces carrières-tailleries expédie fréquemment ses pierres taillées prêtes à la pose par trains entiers (LAMBERTIE, Industr. pierre et marbre, 1962, p.73).
b) Prêt pour
Prêt pour + inf. Tout était prêt pour recevoir Lucy (TOEPFFER, Nouv. genev., 1839, p.213). Tout est prêt pour faire sauter la citadelle ce soir (CLAUDEL, Soulier, 1944, 2e part., 9, p.1079).
Prêt pour + subst.
♦[désignant une action] Tout est prêt pour l'expédition: les cordes, les bidons, le briquet à essence, les cannes ferrées, le fusil (GIONO, Colline, 1929, p.88). Une contraction musculaire généralisée tient le corps prêt pour une ascension ou un élan (BOURGAT, Techn. danse, 1959, p.118).
♦[désignant une chose ou pers., agent ou moyen d'une action] Un beau morceau de terre qui a été plein de bois et de chicots et de racines et qu'on revoit une quinzaine après nu comme la main, prêt pour la charrue (HÉMON, M. Chapdelaine, 1916, p.62). Pour être tout au travail, j'abandonne toute espèce de Journal jusqu'à ce que j'aie derrière moi les deux Domaines prêts pour l'éditeur (LARBAUD, Journal, 1934, p.321).
c) Absol. C'est toi, Louis! Ton dîner est tout prêt dans la cuisine, mon enfant. J'ai laissé la soupe à petit feu (DUHAMEL, Confess. min., 1920, p.115). Notre premier numéro est presque prêt; mais, dis... pourquoi ne m'as-tu rien envoyé? —Parce que je n'avais rien de prêt, répond Bernard un peu sèchement (GIDE, Faux-monn., 1925, p.1149). Tout était prêt: les grains en sacs, le vin en fûts (PESQUIDOUX, Livre raison, 1928, p.156). V. fin2 I C ex. de Beauvoir.
♦[Qualifie un sentiment] Elle s'était demandé: «Pauvre voisin, dois-je le plaisanter sur sa chute? (...)» Sa gaieté était prête encore mieux que sa pitié (R. BAZIN, Blé, 1907, p.215). Il voulait me dire qu'il était prêt, que toutes ses tendresses étaient prêtes, et qu'il n'avait plus, pour les distribuer, qu'à rentrer chez lui (SAINT-EXUP., Terre hommes, 1939, p.204).
Péj. [En parlant d'idées] Tout, toujours prêt. Cette grande question de la peine de mort [était] venue jeter une passion intéressante au milieu de tout ce désoeuvrement. Le choc devint électrique, chacun avait en réserve son argument tout prêt, chacun parlait sans attendre que son tour fût venu (JANIN, Âne mort, 1829, p.113). Pauvre fusée éteinte aussitôt sous une avalanche de phrases toujours prêtes, et qu'il n'a pas eu seulement le pauvre mérite d'inventer! (GOBINEAU, Pléiades, 1874, p.192). J'ai toujours une petite théorie toute prête pour expliquer ce qui me frappe (CUREL, Nouv. idole, 1899, II, 3, p.205).
B. —Qui est sur le point de (faire quelque chose). [Avec encore souvent l'idée que la pers., la chose en question est justement dans l'état, la disposition qui permet de faire immédiatement qqc.] Synon. près de.
1. Prêt à + inf. Le temps était assez beau: quelques nuages épars semblaient prêts à se dissiper (MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p.168). Un souvenir semblait prêt à surgir, tremblait un moment comme au bord de la mémoire, puis s'enfonçait de nouveau (BERNANOS, Crime, 1935, p.799):
2. Au moment où elle était prête à passer, on soutenait au bord de son lit qu'on ne succombait que parce qu'on se laissait aller...
CHATEAUBR., Mém., t.2, 1848, p.190.
SYNT. Être prêt à défaillir, à s'évanouir, à périr, à mourir, à pleurer, à fondre en larmes, à tomber; flamme prête à s'éteindre; fleur prête à éclore, à se faner; larmes prêtes à couler; mine prête à sauter; maux, malheurs prêts à fondre sur qqn; orage prêt à éclater; soleil prêt à se coucher.
2. Prêt de + inf. (vieilli). S'il est vrai, comme on en répand le bruit, qu'un grand complot est prêt d'éclater, (...) ce complot est lié au projet de guerre que la Cour a imaginé (ROBESP., Discours, Guerre, t.8, 1792, p.150). Madame Jérôme Bonaparte, prête d'accoucher, ne put débarquer en France et fut obligée d'aborder en Angleterre (CHATEAUBR., Mém., t.2, 1848 p.392).
N'être pas prêt de. Avoir peu de chance de, ne pas risquer de (ou seulement dans un avenir éloigné). Tant que les radicaux suisses (...) continueront à tenir l'autorité dans la confédération et je crois que grâce à l'inertie nationale ce fait-là n'est pas encore prêt de finir, les puissances devront s'attendre à ne recevoir de la Suisse (...) que des mauvais procédés (GOBINEAU, Corresp. [avec Tocqueville], 1850, p.120). Si le baron se met à faire de l'oeil au contrôleur, nous ne sommes pas prêts d'arriver, le train va aller à reculons (PROUST, Sodome, 1922, p.1041). Le début de la sédimentation est plongé dans un mystère qui n'est pas prêt d'être dissipé (COMBALUZIER, Introd. géol., 1961, p.66).
Rem. ,,Cet emploi est aujourd'hui condamné. «Il ne faut pas confondre: je suis prêt à partir (= «je suis disposé à partir») avec: je suis près de partir (= «je suis sur le point de partir»)`` (Communiqué de l'Académie du 19 nov. 1964 cité par DUPRÉ 1972).
Prononc. et Orth.:[], []. Homon. près. Ac. 1694, 1718: prest, -este; dep. 1740: prêt, -ête. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 (en parlant de choses) «entièrement préparées» (Alexis, éd. Chr. Storey, 77); 1585 le dîsner est prest (N. DU FAIL, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, II, 94); 2. ca 1100 prez (en parlant d'une personne) «qui est capable, en état de faire quelque chose» (Roland, éd. J. Bédier, 295); ca 1165 prest de «disposé à» (BENOÎT DE STE-MAURE, Troie, 20334 ds T.-L.); 1260 prest à (E. BOILEAU, Métiers, 145, ibid.); 1673 être prêt à tout (MOLIÈRE, Malade imaginaire, III, 14); 1934 être fin prêt (L. DAUDET, loc. cit.); 3. ca 1180 preste de «sur le point de» (MARIE DE FRANCE, Fables, 8, 2 ds T.-L.). Du b. lat. praestus, de l'adv. lat. praesto «sous la main», «ici présent», «à la disposition». Fréq. abs. littér.:7726. Fréq. rel. littér.:XIXes.: a) 10669, b) 10328; XXes.: a) 10538, b) 11882.

1. prêt, prête [pʀɛ, pʀɛt] adj.
ÉTYM. 1050, prest; du lat. pop. præstus, du lat. class. præsto, adv., « à portée de main, tout près ».
1 (Personnes). Qui est en état de…, est rendu capable de…, grâce à une préparation matérielle ( Préparé) ou morale ( Décidé, disposé).
Prêt à (et n. ou inf.). Préparé pour… || Prêt à l'action, au départ. || Être prêt à partir (→ Avoir le pied à l'étrier). || Prêts à relever un défi (→ Casse-cou, cit. 2). || « Je dois être prêt à nier » (cit. 11). || Prêt à servir… (→ Ordonner, cit. 9). || Prêt à faire feu (cit. 50). || Se tenir prêt à venir (→ Appel, cit. 5), à commencer… (→ Carillon, cit. 3).Disposé à…, susceptible de…, par le fait d'une décision, d'une intention.Prêt à tout : disposé à n'importe quel acte pour arriver à ses fins (→ Cour, cit. 10), ou décidé à tout supporter.Prêt à faire n'importe quoi (→ Gloire, cit. 41), à tout faire (→ Insinuer, cit. 15). || J'étais prêt à payer (→ Gratuitement, cit. 3). || Prêt à tout croire (→ Fleur, cit. 15; implicite, cit. 1).
1 Je suis prête à le suivre et lasse de l'attendre.
Corneille, Cinna, IV, 5.
2 (…) je n'ai point d'autre dessein que de vous épouser (…) M'y voilà prêt quand vous voudrez (…)
Molière, Dom Juan, II, 2.
3 (…) deux ou trois mille hommes, pas plus, intelligents, rigoureusement honnêtes, et en même temps prêts à tous les risques, à tous les sacrifices, prêts à obéir sans discuter, ah ! ce serait merveilleux !
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. X, VI, p. 83.
Prêt pour… || Prêt pour l'action. || Ces anges se tiennent prêts pour vous assister (→ Gardien, cit. 7).Tout prêt pour la tentation. Mûr (fig.). → Désarmer, cit. 15.
Vx. || Prêt de… (→ Inconstant, cit. 10).
4 Vous n'avez qu'à parler, je suis prêt d'obéir.
Molière, Mélicerte, II, 5.
Vx. || Prêt sur (qqch.) : préparé par l'étude, le travail, en tel ou tel domaine (→ Illustrateur, cit.).
5 Je te rendrai prêt aussi sur les généalogies (…)
La Bruyère, Correspondance, II, 3 avr. 1685.
Absolt.Il est prêt, fin prêt (→ Guerrier, cit. 3).« Toujours prêt ! », devise scoute.« À vos marques. Prêts ? Partez ! », signal donnant le départ d'une course à pied. || Armées prêtes (→ Sur pied, sur le pied de guerre). || Candidat prêt. || Il faut être prêt dans un quart d'heure (→ On, cit. 32). || Il est prêt, à pied d'œuvre.
6 Non, Sire, il ne faut pas différer davantage :
On est toujours trop prêt quand on a du courage.
Corneille, le Cid, IV, 5.
7 (Diderot) me proposa la partie de la musique (dans l'Encyclopédie), que j'acceptai, et que j'exécutai très à la hâte et très mal (…) mais je fus le seul qui fut prêt au terme prescrit.
Rousseau, les Confessions, VII.
8 (…) sur la frontière austro-serbe, les troupes de couverture sont tenues prêtes : en quelques heures, sous le premier prétexte, elles occuperont Belgrade !
Martin du Gard, les Thibault, t. V, p. 133.
(Au tennis). || Prêt !, réponse du relanceur au serveur, celui-ci pouvant alors frapper la balle (trad. de l'angl. : ready).
Spécialt. Habillé, paré (pour sortir, pour paraître en société). → Mettre, cit. 31. || Tu n'es pas encore prête ? Dépêche-toi.
9 Pendant que sa femme, dans l'état qu'on devine, s'habillait, Anne, toujours prêt le premier, recevait une visite assez singulière : celle du prince Naroumof, que tout le monde croyait mort.
R. Radiguet, le Bal du comte d'Orgel, p. 178.
2 (Choses). Mis dans l'état convenable (pour qqch., pour faire qqch.). || Canons prêts à tirer (→ Militarisme, cit. 2). || Navire prêt à virer. Paré.Tout est prêt pour… (→ Cérémonie, cit. 1).Absolt. || La cérémonie est prête (→ 1. Porte, cit. 22). || Les vaisseaux sont tout prêts (→ Appareil, cit. 2)… || Avoir qqch. prêt sous la main (→ Plateau, cit. 1).Une justification (cit. 2) toute prête.
10 Vous n'avez qu'à parler : c'est une affaire prête.
Racine, les Plaideurs, I, 5.
11 Je passai rapidement en revue toutes mes réponses. Elles étaient prêtes, péremptoires, cinglantes, rangées devant mes yeux comme des armes au râtelier.
G. Duhamel, Salavin, I, III.
Spécialt. Préparé, apprêté. || Le café (→ Passer, cit. 22), le déjeuner, le dîner est prêt (→ aussi Détailler, cit. 1; encas, cit. 2). || La soupe est prête (→ Brûler, cit. 37).« Le poison est tout prêt » (→ Officieux, cit. 2).
Prêt-à- (et inf., sur le modèle de prêt-à-porter, sert à former des adj. et des n.).|| Maison (…) « prête-à-habiter » (l'Express, 21 févr. 1966). || « Le “prêt-à-vivre” ou le “prêt-à-finir” » (l'Express, 19 mai 1959), le « prêt-à-manger » (équivalent proposé pour fast-food), etc.Prêt-à-monter : ensemble d'éléments et de pièces détachées vendus simultanément et permettant de construire un appareil (équivalent proposé pour kit). || Des prêts-à-monter.Aliments en boîte prêts à consommer, à être consommés.
3 (V. 1190). Vieilli ou littér. Qui est sur le point (1. Point) de… Près.Prêt à rendre l'âme (→ Côté, cit. 38), à tomber en faiblesse (cit. 8), à se trouver mal (→ Flageoler, cit. 1). || Prête à sortir, elle s'arrêta (→ Langage, cit. 9).Un flot prêt à jaillir (→ Attendrissement, cit. 5). || Goutte (→ 1. Goutte, cit. 22) d'eau prête à tomber. || Foins prêts à mûrir (→ Blondir, cit. 2).
12 Regarde quel orage est tout prêt à tomber.
Racine, Iphigénie, V, 1.
13 Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui (…)
Lamartine, Premières méditations, XXXV.
14 Il était prêt à dire qu'il l'aimait : cette dangereuse parole expira sur ses lèvres (…)
A. de Musset, Nouvelles, « Frédéric et Bernerette », V.
Vx. || Prêt de… (→ Appeler, cit. 19).
15 (…) étant prête d'être mariée, elle rompit tout net le mariage (…)
Molière, l'Avare, II, 5.
16 (…) ou j'aime à me flatter,
Ou sur eux quelque orage est tout prêt d'éclater.
Racine, Iphigénie, II, 8.
17 (…) lorsqu'au troisième acte vous êtes prête d'avouer tout (…)
Voltaire, Correspondance, 1979, 7 août 1761.
18 — Je suis prêt de mourir et il y a quelque chose que je veux te révéler (…)
Maupassant, l'Inutile Beauté, « Le champ d'oliviers », III.
HOM. Près, 2. prêt.
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2. prêt [pʀɛ] n. m.
ÉTYM. XVIIe; prest, 1160; de prêter.
1 Action de prêter (qqch.). || Le prêt d'une chose à qqn par qqn. || Le prêt d'un livre, d'un peu d'argent… || Faire à qqn le prêt de documents.
1 Toute cette grande philosophie (du XVIIIe) était là réunie. Le studieux vieillard la savait par cœur et vivait des petits profits que lui rapportait le prêt de ses volumes à quelques personnes qui lisaient.
Renan, Souvenirs d'enfance…, II, Œ. compl., t. II, p. 776.
(1690). Dr., cour. Contrat par lequel une chose est livrée à charge de restitution. || Prêt à usage : prêt d'une chose corporelle déterminée à l'effet d'en user (par oppos. au dépôt et à charge de la restituer en nature.) Commodat. || Prêt de consommation : prêt d'une chose consomptible (spécialt, d'argent). Avance, crédit (→ Destination, cit. 2). || Prêt à intérêt (cit. 2). || Prêt à court terme (→ Escompte, cit. 2), à long terme. || Prêt usuraire. Usure, usurier (→ Excéder, cit. 1). || Taux (d'intérêt) d'un prêt. || Prêt sur gage, sur garantie, sur nantissement (→ aussi Antichrèse), sur dépôt de marchandises. Warrant.Prêt d'honneur, consenti à une personne qui s'engage à le rembourser dès qu'elle en aura les moyens.Crédit, prêt bancaire. || Demander un prêt à sa banque.Spécialt. || Prêt à la grosse aventure (infra cit. 28).Consentir ( Prêter), recevoir ( Emprunter) un prêt.
2 Son orgueil lui offrait l'illusion de n'accepter que comme un prêt la somme offerte par le maire de Verrières, et de lui en faire un billet portant remboursement dans cinq ans avec intérêts.
Stendhal, le Rouge et le Noir, I, XXIII.
3 Cérizet, au fait des besoins de tous les malheureux, faisait cette usure de ruisseau nommée le prêt à la petite semaine (…)
Balzac, les Petits Bourgeois, Pl., t. VII, p. 127.
(1973). || Prêt-relais : prêt à court terme, « consenti dans l'attente de la réalisation d'un bien ou de l'octroi d'un crédit à long terme » (in la Clé des mots).
Écon. || Prêt consenti par un État. aussi Subvention. || Prêts à la construction. aussi 2. Prime. || Prêts d'organisation, de productivité… || Aide sous forme de prêt à long terme et à faible intérêt.Hist. || Loi prêt-bail, par laquelle les États-Unis purent octroyer des crédits aux démocraties belligérantes, en 1941.
2 (1330). Somme allouée par l'État pour la subsistance et l'entretien d'un soldat, d'un sous-officier.Anciennt. || Demi-prêt d'un enfant (cit. 36) de troupe.Spécialt. Partie de cette somme qui est remise au soldat. 1. Solde.(Déb. XXe). || Prêt franc, se dit lorsque l'intégralité du prêt est versée au soldat, qui doit pourvoir lui-même à sa subsistance.
Avance sur un salaire.
3 Littér. Le fait de prêter (I., 3.) à qqn (une pensée, un sentiment, un caractère, un acte).
4 (…) mes tantes Claire et Lucile, modèles de décence, d'honnêteté, de réserve, à qui le prêt du moindre trouble de la chair eût fait injure (…)
Gide, Et nunc manet in te, in Souvenirs, Pl., p. 1128.
HOM. Près, 1. prêt.

Encyclopédie Universelle. 2012.